Oui, il y a une différence fondamentale entre ces deux situations. D'un côté, l'immigration « classique » repose sur le choix ou la nécessité des individus de quitter leur pays pour des raisons économiques, politiques ou humanitaires (perspectives d'avenir, fuite d'un régime autoritaire ou d'un conflit, etc.). De l'autre, on parle ici d'une politique de
déportation forcée orchestrée par un État qui refuse l'accueil de certaines populations et cherche à les expulser vers des pays tiers qui n'ont pas forcément donné leur accord ou qui ne sont pas préparés à les recevoir.
L’hypocrisie, si on veut la souligner, réside dans le fait qu’un pays adoptant la politique migratoire la plus dure du 21e siècle, refusant quasi systématiquement l'accueil des migrants sur son sol, se permette en même temps d'imposer à d'autres États l'accueil de populations qu'il rejette. Cela soulève plusieurs questions éthiques et diplomatiques :
- La souveraineté des pays tiers : Pourquoi devraient-ils accepter ces migrants contre leur volonté ?
- Le respect des droits humains : Le déplacement forcé de populations qui ne souhaitent pas partir peut-il être justifié moralement et légalement ?
- La cohérence du discours politique : Un pays peut-il dénoncer l'immigration massive tout en l'imposant ailleurs ?
Bref, il ne s'agit pas ici d'une simple politique migratoire, mais d'un véritable
transfert forcé de populations, ce qui est un tout autre débat, avec des implications historiques et morales lourdes.